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Vu à Kimhékim: la mode coréenne monte et monte à Paris

À quel moment une présence qui commence avec un K cesse-t-elle d’être une curiosité pour devenir un rendez-vous régulier ? Cette saison, Séoul semble avoir ses habitudes à Paris.  


Il y a quelques années encore, la mode coréenne à Paris relevait presque du détail pour initiés. Un showroom discret, un acheteur curieux, ou même deux rédactrices mode un peu en avance sur leur Pinterest. Et pourtant, en ce deuxième jour de la Fashion Week à Paris, une consoeur me glisse avant le défilé de Kimhékim : « T’as remarqué comme il y a de marques coréennes cette saison ? » Et soudain, impossible de ne plus le voir. 



En effet, depuis plusieurs années, la vague culturelle coréenne prépare le terrain. K-pop, K-drama, K-beauty : la mode coréenne circulait à Paris, que ce soit grâce aux acheteurs pointus, ou via une star de K-pop ambassadrice d’une maison française. Le résultat logique : après avoir vendu des visages, des récits et une esthétique globale, la Corée vend désormais des vêtements. Et surtout, une manière de penser le vêtement. 


Une tendance ou une méthode ?

En rentrant chez moi et après quelques recherches, ce qui frappe n’est pas seulement quelques invitations bien placées au calendrier. Là où la mode japonaise s’est construite sur l’héritage et l'intellectualisme, et l’européenne sur la tradition, la scène coréenne avance autrement : plus rapide, plus hybride, est-ce que j’ose, presque post-historique ? Beaucoup de jeunes labels n’ont pas cent ans d’archives à défendre, ce qui, paradoxalement, devient leur avantage. 


Chez Kimhékim, vu hier, tout reposait précisément sur cet équilibre. Du romantisme, oui, mais avec humour (je parle bien des robes en cheveux, oui oui). Des silhouettes presque sages, puis soudain, un clin d'œil et une rupture. On sent une génération qui comprend parfaitement que la mode n’est plus seulement un langage parisien traduit à l’étranger, mais une conversation globale où tout le monde de la mode parle en même temps. 



Une mode qui circule à la vitesse d’Instagram

Peut-être que c'est ça, le vrai tournant ? Pendant longtemps, la mode coréenne existait surtout à travers les célébrités qui la portaient. Aujourd’hui, les marques ne viennent plus chercher une validation culturelle. Elles viennent chercher des parts de marché. Collaborations avec des géants internationaux, acheteurs séduits par une créativité encore accessible, expansion rapide hors d’Asie : la stratégie est merveilleusement pragmatique. 


Reste une question, la seule qui vaille dans la capitale de la mode : est-ce une tendance ou une installation durable ? J'imagine qu'on verra ça à la prochaine Fashion Week !

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