Pst... Estée Lauder s’offre Puig et la beauté mondiale change de nez
- Marion Prost

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Rabanne, Tom Ford, Clinique, Jean Paul Gaultier sous le même toit : la plus grosse fusion de l’histoire de la beauté premium est en cours de négociation. Ça a un petit parfum de monopole.
Cette semaine à New York, deux familles se sont assises autour d’une table pour décider de l’avenir du parfum mondial. Pour l’instant, aucune n’a payé l’addition. C’est confirmé par une source anonyme : les familles fondatrices de Puig et d’Estée Lauder étaient en train de négocier un rapprochement. Puig, c’est Rabanne, Nina Ricci, Jean Paul Gaultier, Carolina Herrera. Estée Lauder, c’est Tom Ford, Clinique, MAC, et le nom que votre grand-mère reconnaît immédiatement. Ensemble, ce serait le premier groupe de beauté premium au monde, avec plus de 20 milliards d’euros de revenus. L'Oréal Luxe est à 15,6 milliards. Reste plus qu’à faire le calcul.
L’information en elle-même n’est pas une surprise totale : le mois dernier, les deux groupes avaient déjà admis qu’ils envisageaient un deal, mais cette semaine, le tempo change. Ils parlent d’un accord dans les prochaines semaines… ce n’est plus de l’exploration mais de la négociation. La structure prévue : une OPA mixte cash-et-actions d’Estée Lauder sur Puig, avec cotation de la nouvelle entité au NYSE. Autrement dit, c’est Estée Lauder qui sort le chéquier, mais les Puig ne partent pas sans leurs actions. Le nouveau prix de la politesse est de 20 milliards.
La question reste le pouvoir après la fusion. Le montage diluerait le contrôle de la famille Lauder (qui dirige une entreprise qui s’appelle Estée Lauder, ce n’est pas rien comme concession psychologique) pour le rapprocher de celui de la famille Puig. Les actionnaires minoritaires de Puig, eux, se verront proposer du cash ou des actions à droits de vote limités. On ne convie pas une famille comme les Puig à sa propre dilution sans prévoir le champagne.
Un dernier détail qui ne trompe personne : Puig devait publier ses résultats du premier trimestre le 14 avril. Il est maintenant reporté au 28. Sa journée investisseurs n’a pas encore de nouvelle date. Quand une entreprise cotée en Bourse reporte ses rendez-vous financiers sans explication, dans la semaine où l’on apprend qu’elle négocie la plus grosse fusion de son secteur, c’est rarement une coïncidence. Le vrai enjeu n’est peut-être pas le chiffre d’affaires; c’est de contrôler ce que le luxe mondial se met derrière les oreilles. Le reste, c’est du marketing.




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