Pst… la mode italienne vient de découvrir le prix de la géopolitique
- Marion Prost
- 2 days ago
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La guerre en Iran fait grimper le pétrole et les marchés tremblent. Elle pourrait aussi finir dans les marges de la mode italienne. Quand l’énergie flambe, qui paie la couture ?
En Italie, la mode a beau se raconter en soie et en savoir-faire, elle reste, comme tout le monde, branchée sur une prise. Et depuis que la guerre en Iran a commencé, l'électricité narrative de la planète a sauté d’un cran : le détroit d’Ormuz, ce couloir maritime entre le Golfe persique et la mer d’Arabie, est aujourd’hui bloqué, et avec lui une partie très concrète de notre confort industriel. Problème : environ un cinquième du pétrole mondial y transite, plus des volumes massifs de gaz. Le résultat immédiat et presque scolaire : les prix montent, les marchés paniquent, et l’économie européenne sert les dents.
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On a vu l’onde de choc se propager dès l’ouverture des places asiatiques, puis en Europe : séances négatives, nervosité générale, et dans le lot, les compagnies aériennes qui prennent cher. Les banques suivent, parce qu’elles détestent les crises autant que les surprises. Dans le camp des “gagnants” prévisoires, on retrouve énergie et armement, les secteurs qui prospèrent quand le reste du monde découvre que la géopolitique n’est pas une rubrique déco.
Et vient la victime collatérale au grand M : la mode. Parce que si le luxe se vend comme un rêve, il se fabrique comme une industrie : tissage, teinture, apprêts chimiques… autant d’étapes sensibles au coût du gaz et de l’électricité. On a déjà vu le film après 2022, quand la crise énergétique post-Ukraine avait gonflé les coûts et forcé certaines entreprises à ralentir, voire à suspendre. Le chic, un rêve italien qui tourne au gaz ?
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La différence, c’est que la chaîne italienne repose énormément sur les PME : des ateliers qui ne spéculent pas sur le baril, mais sur leur marge. Si l’énergie reste haute, elles devront choisir entre rogner leurs profits ou répercuter sur les prix, et dans un climat d’incertitude, les achats “non-essentiels”, même estampillés désirables, sont souvent les premiers à disparaître des paniers.
La guerre est loin des podiums. Mais l’addition, elle, arrive toujours dans l’atelier. Et l’Italie, championne du beau, se rappelle une vérité peu estétique : si la mode ne flotte pas dans l’air, elle dépend, aussi, du gaz.




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