Pst… Hugo Boss change de tête
Frasers possède près de la moitié d’Hugo Boss ; pour Stephan Sturm, cela suffit à faire un départ entier. Le tout d’un commun accord, évidemment.
Un déjeuner, un coup de fil, un communiqué expliquant que son principal actionnaire se demande s’il le soutient encore sont tous des façons parfaitement correctes de signifier à un président que son travail suscite des réserves. Frasers a choisi la troisième option. Ce lundi, Hugo Boss annonce le départ de Stephan Sturm après des « discussions constructives ».
Élu en mai 2025, cet ancien patron du groupe de santé allemand Fresenius conservera la présidence du conseil de surveillance jusqu’à la désignation de son successeur, puis quittera le conseil le 15 octobre. Hugo Boss lance immédiatement la recherche d’un remplaçant. Sturm explique que l’évolution de l’actionnariat justifie cette transition, tout en assurant que l’entreprise dispose d’une direction stratégique claire. Frasers évoque un départ convenu d’un commun accord et envisage même de retravailler avec lui. Tout le monde remercie tout le monde.
Début septembre, Frasers avait publiquement annoncé réexaminer son soutien à Sturm. Les deux parties s’étaient déjà opposées sur les dividendes. Après cette déclaration, Hugo Boss avait également interrompu son programme de rachat d’actions. Pour un départ à l’amiable, les préliminaires manquaient un peu de tendresse. Il faut dire que Frasers dispose d’arguments autrement plus persuasifs qu’un avis défavorable. Le groupe britannique fondé et contrôlé majoritairement par Mike Ashley détient environ 48 % d’Hugo Boss après une offre de rachat lancée en juin. Il souhaite dépasser les 50 %. En attendant la majorité, il obtient déjà le départ du président. Pourquoi tout remettre à plus tard ?
La suite se prépare entre connaissances
La recherche n’aura pas beaucoup retardé les présentations. Mercredi 16 septembre, Hugo Boss annonce la nomination de Michael Murray à la présidence du conseil de surveillance. Le directeur général de Frasers, déjà membre du conseil depuis mai 2025 et, accessoirement, gendre de Mike Ashley, succède donc à Sturm. En août, Ashley assurait au Financial Times ne pas vouloir installer Murray à la direction générale de Hugo Boss. Promesse tenue, à un intitulé de poste près. Robert Palmer doit également rejoindre le conseil, sous réserve de sa nomination par le tribunal local. Pour une transition, les nouvelles têtes semblent décidément familières.
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Le propriétaire de Sports Direct possède aussi Flannels, House of Fraser et, depuis août, Harvey Nichols. Hugo Boss fournit ses magasins ; Frasers achète ses actions depuis 2020. Son intérêt pour la maison allemande dépasse donc largement le plaisir d’un costume bien coupé. Il entend participer davantage aux décisions. Sturm participera manifestement moins.
Reste la promesse de retravailler ensemble, cette attention délicieuse au moment de convenir d’un départ. Frasers remercie Sturm pour sa contribution, Sturm assure que l’entreprise se trouve bien positionnée pour réussir. Personne ne souhaite gâcher les adieux. Après tout, le principal désaccord s’est résolu : il part.





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